Moi, jeune, nul, trop lent, trop timide, trop effacé... j'ai réussi !

Pour inscrire son action et ses efforts dans un parcours de réussite, l'essentiel, pour un enfant, réside dans la confiance et la motivation.

Peu importe les jugements, les remarques, les difficultés d’apprentissage ou encore le milieu socioculturel dans lequel on vit. L’échec scolaire n’est jamais une fatalité ! En voici la preuve avec ces témoignages pleins d'espoir qui montrent l'importance de ne pas baisser les bras.

Durant toute la scolarité, de nombreux facteurs peuvent entrainer une perte d'énergie, de motivation ou de confiance en soi

Ces difficultés amènent bien souvent les élèves dans une situation de souffrance scolaire, et les répercussions sont considérables.

Il peut s’agir de difficultés semblant insurmontables, comme en témoigne Jean-Baptiste, 27 ans, étudiant en île de France :

« J’ai vécu ces années [de collège] dans une profonde solitude, transparence et indifférence du monde scolaire. Si j’étais mauvais, c’était de ma faute et, de toute façon, la question ne se posait même pas tant j’étais nul ! Point final. Nul, trop lent, trop timide, trop effacé, ces "lacunes" inacceptables ont été pendant quatre ans les seuls retours des profs sur moi-même. »

Cela peut aussi concerner des problèmes d’ordre financier, comme ce fut le cas pour Camille, 16 ans, lycéenne en classe de première à Lyon : 

« Mon rêve ? Intégrer un IEP (Institut d’études politiques). Mon problème ? Je n’ai pas les moyens de me payer ni les préparations (très coûteuses), ni les concours d’entrées, ni le train et le logement pour y participer. Et personne, à l’exception de deux ou trois amis, n’ont confiance en mes capacités. »

Ou encore subir une mauvaise orientation, ce qui a profondément déstabilisé Lulu, 20 ans, étudiant à Avignon :

« J’ai été voir une conseillère d’orientation. Cette "femme du CIO" (centre d’information et d’orientation) m’a complètement désorienté en me disant qu’avec mon bac, je pouvais prétendre à "un emploi de caissier dans un supermarché" parce que, "aujourd’hui, Auchan ne recrute que des bacheliers". Elle avait l’air âgé et pas au courant de ce qui se passe ni sur le marché de l’emploi ni dans la tête des jeunes. »

Le manque d’encouragement et la dévalorisation systématique d’un enfant, dès son plus jeune âge, peuvent également lui faire perdre toute motivation.  C’est ce que nous rapporte Mylène, 24 ans, étudiante bac+5.

« Je n’avais alors que 7 ans quand la directrice de l’école a révélé à mes parents : "Mylène ne pourra pas faire de grandes études." Peut-on juger aussi vite un enfant alors que je commençais à peine à lire ? Peut-on briser radicalement le rêve de nos parents alors que je commençais à peine à écrire ? »

Ces difficultés ne préjugent en rien de nos capacités de réussite

Il est tout à fait possible d’éprouver des difficultés en primaire et de réussir brillamment ses études supérieures. Il suffit d’une main tendue, parfois d’une seule personne qui nous valorise pour réussir à surmonter ce sentiment d’échec. Et ainsi retrouver de la motivation et l’envie d’apprendre. Pour Jean-Baptiste, la rencontre avec un professeur d’économie fut le déclic qu’il attendait :

« C’est là que je me souviens d’un professeur d’économie qui a su prendre le temps d’écouter mes silences, qui a su valoriser mon travail, me donner l’envie de faire mieux et la confiance en mes propres savoirs. Ce fut le début d’une relation apaisée avec l’école, le début de mon apprentissage. Un regard, une parole positive, un sentiment de confiance partagée, simplement cela, les maux de ventre ont disparu d’eux-mêmes. »

Mylène, à qui on a dit durant toute sa scolarité qu’elle ne réussirait jamais, a repris confiance en elle et a terminé sa 5éme année d’étude. Et ce malgré les remarques désobligeantes de ses professeurs :

« À vrai dire, je n’avais plus tellement confiance en moi. Des notes qui frôlaient la moyenne de la seconde jusqu’à la terminale. Et pourtant, j’ai obtenu mon bac ES. Cinq ans plus tard, je suis invitée à la remise des diplômes pour recevoir mon master 2 de management des organisations du secteur sanitaire et social. »

Les voies de la réussite sont multiples

Quel que soient les obstacles, ils est possible de les franchir. C’est ce que nous enseigne Camille lorsqu’elle nous explique que les difficultés, les inégalités économiques et culturelles sont surmontables, surtout si vous croyez en vous et en vos projets.

Quant à Lulu qui fut mal accompagné durant son orientation, il a décidé de se battre seul en se posant les bonnes questions, afin de trouver la voie qui lui correspondait le mieux. Il est maintenant en accord avec lui-même et avec son projet professionnel :

« Aujourd’hui, j’ai les idées claires : après mon service civique je vais faire un BTS management des unités commerciales ou un BTS négociation et relation client. Je trouve que gagner sa vie en relevant des défis est quelque chose de très intéressant. Pour en arriver là, pour construire mon orientation, je me suis aidé tout seul. »

Ces témoignages nous montrent à quel point l’environnement extérieur (professeurs, parents, milieu) peut avoir un impact négatif sur la scolarité des adolescents. Mais ils montrent aussi (et surtout !) qu’en y croyant et en se battant pour réaliser ses rêves, il y a toujours une voie vers la réussite !

Source : "Moi, jeune...", Libération, Février 2015

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