Le numérique : une priorité pour nos écoles ?

500 écoles et collèges seront connectés dès 2015, marquant la première étape du plan numérique pour l'éducation. Ce sont ainsi plus de 70 000 élèves et 8 000 enseignants qui expérimenteront, dès la rentrée 2016, de nouvelles formes d'enseignement et d'apprentissage grâce au numérique. Les promesses de l’école connectée sont nombreuses, mais est-ce vraiment une révolution pour l’enseignement ?

Le numérique à l’école : concrètement, qu’est-ce que c’est ?

Les élèves et les enseignants disposeront d'équipements mobiles et de ressources numériques. Les enseignants bénéficieront d'une formation spécifique aux usages pédagogiques du numérique.

Le ministère de l'Education Nationale promet également l'ouverture d'une boutique "école numérique" à la mi-juin avec une extension de l'offre de tablettes tactiles et un renouvellement des tableaux blancs interactifs

Des sites, applications et ressources en ligne pour les élèves viendront compléter les formations initiales : films d'animation pour comprendre de manière ludique les fondamentaux, ressources numériques pour apprendre (exemple « English for schools » pour l’anglais en primaire), ainsi qu’un accès en ligne aux sujets du bac, un service d'orientation pour les élèves du secondaire et une initiation au code informatique.

L’enseignement numérique pourquoi ?

Selon une étude menée par le pôle économie numérique de l'université Paris-Dauphine, 96% des Français estiment que leur métier a été impacté par le numérique. Cette enquête nous apprend aussi qu’ils sont 70% à répondre que « non », les formations reçues ne leur ont pas permis de mieux appréhender cette révolution. C’est en ce sens que François Hollande veut faire de la France un pays leader de « l'e-enseignement ». Le chef de l’État a promis « un milliard d’euros sur trois ans » pour financer ce grand tournant : tous les élèves devront disposer, en 2018, d'un outil numérique.

Vues les évolutions évidentes constatées sur le marché du travail, ces enseignements sont devenus indispensables. En effet, on estime que 65% des étudiants d'aujourd'hui pratiqueront au cours de leur vie professionnelle un métier qui n'existe pas encore.

Le décalage entre la société dans laquelle nous évoluons et les formations existantes tend à se creuser, la transition vers le numérique est donc aujourd’hui une nécessité.

Un bouleversement mais pas une baguette magique

Le numérique n’est pas une fin en soi. D’après Jean-Luc Guéret, principal au collège Beaumarchais dans le 11ème arrondissement de Paris, « Numérique ou pas, les élèves savent reconnaître un bon cours d'un mauvais ». 75 à 80% du corps enseignant de son collège est passé aux usages numériques en classe. « Mais seule une partie de mes professeurs a adopté un usage différent du numérique », précise-t-il. C’est-à-dire une approche différente, rendue interactive grâce à ces outils, plutôt que de les utiliser en simples supports de cours.

Même constat pour Dominique Boullier, responsable de la pédagogie numérique à Sciences-Po. Pour lui, le numérique n'est qu'un amplificateur et il faut d'ailleurs bien distinguer innovation pédagogique et numérique.

L'important est donc avant tout de tenir compte du changement d'état d'esprit des élèves pour donner du sens à l'introduction des outils numériques à l'école.

Ce point de vue est souligné par Jérôme Serre, co-fondateur de la start-up Edupad qui indique que « Le matériel ne constitue qu'un des ingrédients de la transition numérique à l'école ».

Les avantages majeurs de la mutation vers le numérique

Selon Sophie Pène, professeur à l'université Paris Descartes et membre du Conseil National du Numérique, « Le numérique ne réinvente pas l'école. Il ne peut fonctionner que si l'école renouvelle en profondeur son projet, sans quoi il en sera le concurrent déloyal et les inégalités s'en trouveront renforcées ».

Les avantages liés à cette nouvelle forme d’enseignement restent conséquents : la réduction des coûts, la multiplication des contenus, un enseignement plus accessible, le développement de plates-formes de soutien. Cela sous-entend également plus d’autonomie et plus d’interactions pour les élèves, ainsi qu’un apprentissage ultra-personnalisé, adapté au rythme d'apprentissage de chacun. C’est ce que l’on appelle « l'adaptive learning » qui consiste à associer des exercices en ligne au big data et à une batterie d'algorithmes afin d’effectuer un meilleur suivi.

L’école made in France s’apprête donc à emprunter un nouveau virage, et malgré son retard en ce qui concerne la transition vers le numérique elle regorge d’initiatives innovantes. En voici la preuve avec Antoine Amiel, co-fondateur de la start-up Learn Assembly qui est à l'origine de la French Touch de l'éducation, un cycle de conférences qui vise à donner plus de visibilité aux nombreux innovateurs de l'éducation, qu'ils soient entrepreneurs, enseignants, chercheurs ou professionnels de la formation.

Cette mutation vers le numérique ne va donc pas révolutionner l’enseignement, mais il est évident que c’est un outil prometteur. A nous de l’utiliser à bon escient afin qu’il bouscule l’apprentissage et le rende plus vivant, pour les élèves comme pour les professeurs !

 

Source : Le Monde.frJuliette Raynal avec Ivanhoé Govoroff le 01/14/2015

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