La classe inversée : l’apprentissage de demain ?

De plus en plus de professeurs à travers le monde modifient leur façon d’enseigner pour adopter un modèle plus pratique et plus humain. Le modèle de la classe inversée part d’une idée très simple : le temps de classe serait mieux utilisé si on s’en servait pour interagir et travailler ensemble plutôt que de laisser le professeur seul faire un cours face aux élèves. Ainsi, dans les classes inversées, la phase « magistrale » du cours n’a plus lieu… en cours !

La classe inversée qu’est-ce que c’est ?

La classe inversée est un modèle pédagogique dans lequel la phase magistrale du cours est exportée en dehors de la classe. Le fonctionnement est simple : les élèves reçoivent les cours à la maison, en général sous format vidéo, et ce qui était auparavant fait à la maison est désormais fait en classe. Ils peuvent regarder les cours chez eux à la place des devoirs, et le temps libéré en classe permet d’organiser des activités, des projets de groupe et des échanges qui vont donner un vrai sens au contenu scolaire. L’objectif de ce modèle est de mettre l’élève au centre du processus, en répondant aux besoins individuels et chacun. Il existe de nombreuses variantes et chaque enseignant adapte ce modèle à ses besoins et celui de ses élèves en le personnalisant comme il le souhaite.

L’idée de la classe inversée s’est faite connaitre il y a plusieurs années, en partant d’une simple constatation : l’obligation de travail solitaire à domicile par les élèves (le temps consacré aux devoirs) ne faisait qu’augmenter l’écart potentiel entre les élèves performants et les élèves ayant des difficultés d’apprentissage. Deux enseignants (Jonathan Bergman et Aaron Sams) se sont rendu compte que le temps de classe, essentiellement consacré aux exposés magistraux, était pédagogiquement sous-utilisé.  Remarquant qu’avec l’utilisation de cette nouvelle méthode les notes de leurs élèves augmentaient, ils décidèrent de l’appeler « la classe retournée ».

Un modèle qui provoque des changements importants

Ce modèle a d’abord un impact pour les professeurs, qui doivent modifier leur manière d’enseigner, s’organiser différemment et surtout changer de posture vis-à-vis des élèves.

"On transmet toujours un savoir, mais pas un savoir brut, précise Jean-Charles Cailliez (vice-président de l’université catholique de Lille chargé de l'innovation et du développement) : celui-la, les étudiants vont le chercher et le construire eux-mêmes. On passe plus de temps à réexpliquer les notions, on s'assure davantage que le travail est fait et que les compétences sont acquises."

Avec la classe inversée, les méthodes d’évaluation évoluent elles-aussi : "En tant que professeur de génétique, il peut m'arriver de noter un étudiant non pas sur sa connaissance d'un mécanisme mais sur sa capacité à aller chercher une information, ou bien à expliquer pourquoi tel schéma est meilleur que tel autre" déclare M. Cailliez.

Pour ses adeptes, l'avantage de la pédagogie inversée réside dans la personnalisation de l'enseignement, et la responsabilisation des étudiants.

D'abord l'élève est beaucoup plus libre dans son processus d’apprentissage : il peut communiquer et échanger avec ses camarades et le professeur à tout moment. De plus, les élèves sont moins passifs, ils ne restent pas assis pendant des heures à écouter un professeur sans réagir : cela crée des classes plus vivantes. Travailler à leur rythme permet également aux élèves de mieux comprendre et de gagner en autonomie. Enfin, du point de vue relationnel, ce type de pédagogie améliore les liens entre les élèves et les professeurs.

Des résultats encourageants

Le chercheur Luc Chevalier et ses collègues du groupe PédagInnov ont mené une étude dont les résultats révèlent que "les étudiants, qui ont des échanges plus réguliers avec l'enseignant, se rendent compte que celui-ci est investi et, en retour, s'impliquent eux-mêmes davantage. La classe inversée n'est pas le seul exemple de ce phénomène, mais la motivation est d'autant plus forte que le suivi est individualisé."

Jean-Charles Cailliez, quant à lui, soutient que les élèves participant aux classes inversées ont une meilleure capacité de mémorisation : "L'étudiant n'aura peut-être pas acquis plus de connaissances que dans le cadre d'une pédagogie classique, mais elles seront davantage ancrées en lui, dans la durée, car il les aura construites lui-même. Il n'aura pas tout oublié deux semaines après les examens."

La classe inversée, véritable bouleversement pédagogique, s’utilise aujourd’hui dans de nombreux pays et établissements : ce sont peut-être là les prémices d’une véritable révolution de l’enseignement.

 

Source : EducPro.fr par Sophie Blitman le 12/12/14

nous contacter

Une question ? Contactez-nous !

Julia Barreau
Mélanie Voisin

06 27 82 05 58
envoyer un message

Inscrivez-vous à la newsletter !

Pour recevoir toutes les informations sur nos activités